L’enfant précoce aux prises avec les standards de l’écriture (1)
Dyssynchronie entre intelligence et motricité
Des difficultés au quotidien
Le développement psychomoteur d’un enfant intellectuellement précoce est davantage lié à son âge réel qu’à son âge de développement. Les enfants précoces sont souvent considérés comme maladroits pour les activités concrètes et ils se trouvent gênés principalement pour les tâches suivantes :
- Gestes de la vie quotidienne (couper sa viande, lacer ses chaussures…)
- Activités physiques (sports, gym…)
- Extériorisation d’un sentiment au moyen du corps
- Apprentissage de l’écrit (écriture et expression écrite)
Des difficultés qui ne résultent pas d’un réel retard
Le développement psychomoteur est proportionnel à l’âge réel. Il faut donc veiller à considérer les capacités motrices et graphomotrices de l’enfant intellectuellement précoce au regard de son âge réel et pas de ses performances intellectuelles. Ceci est très important a fortiori lors d’un saut de classe. La maladresse des gestes ne résulte pas vraiment d’un retard. Du temps est indispensable pour que certaines combinaisons motrices puissent se mettre en place.
La maladresse peut être renforcée par un manque d’intérêt, d’attention, pour ces tâches ou par un refus de se confronter à la difficulté par peur d’échouer et de ne pouvoir parvenir à répondre aux exigences haut placées que cet enfant a très souvent pour lui-même.
L’enfant intellectuellement précoce n’aime ni la répétition ni la routine, il préfère laisser libre cours à sa créativité. Il se trouve désarmé quand il lui faut mettre en œuvre quoi que ce soit, car sa pensée va plus vite que ses aptitudes physiques. Un forçage associé à des critiques sur ses réalisations pourra créer un blocage, souvent accompagné d’anxiété, de somatisation en raison de sa grande sensibilité, et aboutir au refus d’écrire. De tels facteurs font qu’il cherche à éviter ce qui le gêne, s’entraine moins et se trouve dès lors installé dans un cercle vicieux.
Sont dysgraphiques les écritures présentant les caractéristiques suivantes :
- Tension, crispation, et manque d’aisance,
- Lenteur,
- Altération de la lisibilité,
- Mauvaise organisation dans la page,
- Maladresse (mais tout dysgraphique est maladroit).