La relation des enfants intellectuellement précoces (EIP) à l’écriture.

Au stade de l’apprentissage, l’écriture peut venir cristalliser tout ce que les enfants intellectuellement précoces rejettent du système scolaire : les règles du groupe, les codes communs, l’obligation de faire comme les autres et au même moment. Certains enfants intellectuellement précoces s’opposent à ce code commun et vont même jusqu’à inventer leur propre alphabet.

Leur avance sur le plan intellectuel ne trouve pas à s’exprimer par le biais de l’écriture, qu’ils jugent trop lente et trop difficile.

Le résultat n’est pas à la hauteur des efforts fournis. Les enfants qui apprennent à écrire passent d’une situation où ils sont tout puissants à un monde où la règle s’impose.

Les enfants précoces savent souvent lire sans être passés par l’apprentissage stricto sensu de la lecture, mais l’écriture, que ce soit dans son tracé ou dans son contenu, obéit à des règles : celles de la calligraphie, de l’orthographe, de la grammaire. Une lettre de l’alphabet ne peut pas ressembler à ce que l’on veut.

Quelques pistes de réflexion pour une graphothérapie adaptée.

Comme préalable, il est indispensable que l’ensemble des parties soit impliqué : parents, enseignants, enfant. L’adhésion de l’enfant est d’autant plus importante que ce type de thérapie consiste bien souvent à combler les lacunes de fin de maternelle, alors que les préoccupations et centres d’intérêt de l’enfant correspondent presque à ceux des adolescents. Les parents doivent porter un regard bienveillant sur ses efforts pour mieux écrire et les enseignants doivent se montrer encourageants.

Le lien établi entre le graphothérapeute et son patient doit permettre, au travers d’une reconnaissance intellectuelle de ce qu’est l’EIP, la restauration, chez l’enfant, de l’estime de soi et même temps que celle de l’écriture.

Donner du sens à ce qu’ils font

Les EIP ont besoin de comprendre, d’avoir un objectif précis et défini. Il sera nécessaire de leur expliquer le but de la graphothérapie entreprise, les bénéfices qu’ils pourront obtenir si leurs écrits sont correctement lus et donc reconnus. La remédiation porte sur l’écriture en tant que moyen et non comme but.

Travailler la notion d’effort au travers de la notion d’effort graphique

Les enfants intellectuellement précoces sont très contents de réaliser des tâches difficiles et complexes, mais peuvent échouer dans des tâches simples, ce que M. de Bono appelle l’effet Everest. La facilité et la répétitivité les ennuient. Ils possèdent à la base le sens de l’effort mais le perde vite, faute d’exercice. Pour ces enfants tout est facile ; sinon ils évitent les situations qui les mettent en difficulté, par crainte de ne pas être à la hauteur.

Or écrire ne va pas de soi. Ce n’est pas inné. Un apprentissage long et patient est nécessaire. C’est l’objet même de la graphothérapie .

La notion du rapport au temps

Apprendre aux enfants à être patients, à se satisfaire de résultats intermédiaires, à accepter de ne pas être parfaits tout de suite, alors que les enfants intellectuellement précoces possèdent ce désir de perfection.

Leur apprendre à prendre conscience du fait qu’on ne pense vraiment que dans la mise en forme, que l’écrit permet la formalisation et la structuration de la pensée.